SAMSARA 2

Au fil des heures et des jours, les bonheurs et les heurts de tous les jours.....

29 mai 2006

A ma mère...

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A ma mère qui ne passera jamais sur ce blog et qui c'est débrouillée pour que le jour de la Fête des mères soit gaché par un message sur nos portables nous annonçant d'une voix de mourante que sa fin était prôche....

Pour toi, maman, alors que depuis une semaine que nous sommes sans nouvelles de papa et toi, pour cause de portables éteins ou cassés, alors que vous êtes tellement isolés qu'il n'y a pas un voisin à moins de plusieurs kilomètres...

Pour toi qui ne fait jamais les choses à moitié et pour qui la devise a toujours été de ne jamais faire comme tout le monde, et si possible de faire tout ce que tu avais envie...et de dire merde aux autres!

Pour toi maman, j'ai retrouvé les poèmes que tu lisais il y a plus de soixante ans, quand tu étais une jeune fille aux yeux verts qui faisait tourner la tête de tous les garçons....

Pour toi qui te révolte envers l'inéluctable avance du temps et la vieillesse qui te rend un peu plus amère et dure jour aprés jours,.....

J'ai envie de dire, arrête toi un instant,  maman,

  et prend le temps de relire ces vers que tu aimais tant...

quand tu avais 17 ans!

Abat-jour

Tu demandes pourquoi je reste sans rien dire ?
C'est que voici le grand moment,
l'heure des yeux et du sourire,
le soir, et que ce soir je t'aime infiniment !
Serre-moi contre toi. J'ai besoin de caresses.
Si tu savais tout ce qui monte en moi, ce soir,
d'ambition, d'orgueil, de désir, de tendresse, et de bonté !...
Mais non, tu ne peux pas savoir !...
Baisse un peu l'abat-jour, veux-tu ? Nous serons mieux.
C'est dans l'ombre que les coeurs causent,
et l'on voit beaucoup mieux les yeux
quand on voit un peu moins les choses.
Ce soir je t'aime trop pour te parler d'amour.
Serre-moi contre ta poitrine!
Je voudrais que ce soit mon tour d'être celui que l'on câline...
Baisse encore un peu l'abat-jour.
Là. Ne parlons plus. Soyons sages.
Et ne bougeons pas. C'est si bon
tes mains tièdes sur mon visage!...
Mais qu'est-ce encore ? Que nous veut-on ?
Ah! c'est le café qu'on apporte !
Eh bien, posez ça là, voyons !
Faites vite!... Et fermez la porte !
Qu'est-ce que je te disais donc ?
Nous prenons ce café... maintenant ? Tu préfères ?
C'est vrai : toi, tu l'aimes très chaud.
Veux-tu que je te serve? Attends! Laisse-moi faire.
Il est fort, aujourd'hui. Du sucre? Un seul morceau?
C'est assez? Veux-tu que je goûte?
Là! Voici votre tasse, amour...
Mais qu'il fait sombre. On n'y voit goutte.
Lève donc un peu l'abat-jour.

(Toi et moi, 1885) Paul Géraldy




Posté par lea_nikita à 10:02 - La famille - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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