05 novembre 2008
"je fais un rêve ..."
MARTIN LUTHER KING
"Je fais un rêve"
Le discours le plus célèbre de Martin Luther King; Prononcé le 28/08/1963, lors de la marche sur Washington, devant 250 000 personnes.
J'ai fait un rêve, qu’un jour, cette nation se lèvera et vivra la vrai signification de sa croyance : "Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux."
J'ai fait un rêve, qu’un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.
J'ai fait un rêve, qu’un jour même l’état de Mississippi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.
J'ai fait un rêve, que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère.
J'ai fait un rêve aujourd'hui
J'ai fait un rêve, qu’un jour l'état de l'Alabama, dont le gouverneur actuel parle d'interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noires pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et soeurs.
J’ai fait un rêve aujourd'hui.
J'ai fait un rêve, qu’un jour, chaque vallée sera levée, chaque colline et montagne sera nivelée, les endroits rugueux seront lissés et les endroits tortueux seront faits droits, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble.
Ceci est notre espoir.
C'est avec cet espoir que je rentre au Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, nous révoltons pour la liberté ensemble, en sachant qu'un jour nous serons libres.
Quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau cette chanson patriotique, "Mon pays, c'est de toi, douce patrie de la liberté, c'est de toi que je chante. Terre où reposent mes aïeux, fierté des pèlerins, de chaque montagne, que la liberté retentisse."
Et si l'Amérique veut être une grande nation, ceci doit se faire.
Alors, que la liberté retentisse des grandes collines du New Hampshire.
Que la liberté retentisse des montagnes puissantes de l’état de New York.
Que la liberté retentisse des hautes Alleghenies de la Pennsylvanie!
Que la liberté retentisse des Rocheuses enneigées du Colorado !
Que la liberté retentisse des beaux sommets de la Californie!
Mais pas que ça, que la liberté retentisse des Stone Mountains de la Georgie!
Que la liberté retentisse des Lookout Mountains du Tennessee!
Que la liberté retentisse de chaque colline et de chaque taupinière du Mississippi!
Que la liberté retentisse!
Quand nous laisserons retentir la liberté, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque état et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Gentils, Catholiques et Protestants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir, "Enfin libres! Enfin libres! Dieu Tout-Puissant, merci, nous sommes enfin libres!"
09 septembre 2008
Kundun ....
Un des meilleurs souvenirs de mes vacances a été une rencontre que je n'aurais jamais imaginé il y a quelques années .....
Le bouddhisme a croisé un jour ma route et depuis je chemine sereinement, apprenant jour aprés jour que mon esprit est le seul responsable de ma souffrance, essayant de déjouer les pièges qu'il me tend en appliquant les enseignements que je reçois! Le chemin est difficile mais le bonheur vaut bien quelques efforts ....
J'ai donc eu la joie de voir cet été celui que les tibétains appelle Kundun (la Présence), sa Sainteté le Dalaï Lama, invité dans notre Centre où il a passé plusieurs jours.
Arrivée trés tôt le matin, j'ai à peine reconnu les lieux si calmes d'habitude, les forces de l'ordre étaient trés présentes, laissez-passer personnel, portique de sécurité et fouille des sacs, mais étant donné les tensions entre le Tibet et la Chine, et surtout les JO, c'était en fin de compte rassurant.
Beaucoup d'émotion quand il est entré dans le Temple où toutes les religions étaient représentées, un discours sur la paix dans le monde et l'importance de la tolérance vis à vis des autres, un enseignement sur les trois Principes du Chemin, les trois principes en question étant les trois qualités nécessaires pour obtenir l'état de bouddha.
J'ai beaucoup regretté ce jour là de ne pas maîtriser l'anglais, il fallait que j'attende la traduction de Matthieu Riccard pour comprendre pourquoi lors de son discours son rire partait en cascade .... ce rire si caractéristique et qui dénote sa joie de vivre!
Il dégage par sa seule présence tellement de choses que j'ai été encore une fois scotchée. Je ne suis pas particulièrement émotive mais ce genre de rencontre me touche énormément.
J'ai été amusée les jours suivants de voir qu'il était tellement sollicité, tout le monde voulait le voir, avoir un entretien avec lui, être présent lors de l'inauguration du Temple de Sogyal Rimpoché, des personnalités de la politique, du showbiz et de la mode n'ayant rien à voir avec le bouddhisme se sont déplacés .... Sa Sainteté est à la mode, le Tibet aussi .... et si ça peut faire avancer les choses il n'y a rien à redire!
Pour nous c'est tout simplement l'Océan de Sagesse....
23 juin 2008
Pour info....
"Tout individu à droit à la vie,
à la liberté et à la sécurité de sa personne"
Plus d'info ICI
12 mars 2008
"la voyageuse de nuit" ....
Ma soeur m'avait conseillé de le lire dans un commentaire sur ce blog au mois d'octobre, mais malgré mes visites mensuelles à la médiathèque je n'arrivais jamais à y mettre la main dessus.
Quand j'ai réussi à le trouver, je suis restée un week end entier sans le lâcher. Et pour cause ..... cette histoire c'est un peu la notre et j'ai alors compris pourquoi ma petite soeur m'avait incité à le lire!
Ce récit de cet accompagnement de fin de vie de la mère par ses quatre filles, chacune ayant une vision différente de la mort et surtout de leur mère, est criant de vérité.
Chacune a sa propre vision de la famille, du clan matriarcal et au fil des pages on s'aperçoit que personne n'a eu la même mère tout en étant de la même famille!
Que savons nous de nos proches? Pas grand chose finalement, juste ce qu'ils veulent bien nous laisser entrevoir car entre les mensonges, les secrets et les non-dits, difficile d'y voir clair.
Et même pour nous qui avons brisé la chaîne du silence, on se demande parfois si un jour on aura le fin mot de l'histoire, la réponse à toutes nos interrogations.
La voyageuse de nuit
La fratrie se révèle lorsque la maladie rappelle, à la droite de la Mère, tous ses enfants dispersés. Ici la majuscule s’impose : Olga se substituait à ses quatre filles, lorsque leur progéniture battait de l’aile. « Toujours prête à aider, elle ne perdait son temps ni en paroles tendres ni en fricassées de museau. » En revanche, elle n’était pas avare en phrases qui égratignent la confiance. Depuis qu’elle se sait perdue, elle « s’est fermé les yeux », en signe d’ultime rébellion. La course à l’amour filial est lancée. Qui sera le vilain petit canard ? La touchante Sonia, jonglant entre les médicaments et l’alcool ? Lisa, la ravissante dernière, si couvée qu’elle ne s’appartient plus ? Ou Véra, la seconde favorite ? Le tyran avait le coup de ciseaux habile. Tout le contraire de Katia, son aînée, si gauche mais si sensible qu’elle se révèle écrivain.
Redevenues petites filles, les soeurs quinquagénaires se jaugent, s’effleurent sans se comprendre. Aucune n’a eu la même mère. Et pour changer, leur père, le marin «pacha», a la tête ailleurs. Les formules claquent, impudiques parfois, pour contrecarrer la mort qui rôde dans ce service hospitalier aux murs rose gencive. Rarement on aura exploré avec tant de finesse la complexité des liens familiaux. Impossible de ne pas être secoué par ces pages entre le règlement de comptes et la déclaration d’amour : même adulte, on reste l’enfant de ses parents.
Figaro Madame
07 février 2008
Tashi Délég .....
Losar (Nouvel an tibétain) 2008 : 7 février
Le Nouvel an tibétain, appelé (Fête du) Losar, est célébré ce 7 février 2008.
Nous entrons alors dans la 2135ème année du calendrier tibétain, qui sera l’année placée sous le signe de la "Souris" de l’élément "Terre".
2007 était sous le signe du Cochon de Feu depuis le 18 février 2007.
Losar est considéré comme la fête la plus importante de l'année partout au Tibet bien que dans certaines régions, on ne le fête pas à la même date, comme dans la région de Kongpo (sud-est du Tibet) où on fête le nouvel an vers le mois de novembre correspondant à la nouvelle année agricole (Sonam Losar) marquant le début des récoltes. Mais cela ne les empêche pas de fêter une deuxième fois le nouvel an commun avec d'autres Tibétains le 1er jour du 1er mois tibétain.
Bien entendu, le Losar est fêté, partout où il y a des Tibétains que ce soit au Tibet ou en exil, mais il semble qu'il soit aujourd'hui célébré avec moins de moyens et de rigueur au Tibet, ceci en raison de l'absence totale de liberté.
Avant que la nouvelle année commence, une préparation rituelle s'effectue pour permettre que la nouvelle année soit une année heureuse et sans obstacle pour le pays et ses habitants. Cette préparation rituelle peut se diviser en deux parties : monastique et populaire.
La symbolique de ces rituels consiste à éliminer tout élément négatif de l'année qui vient de s'achever et à commencer une année nouvelle sans obstacle.
La préparation rituelle populaire
D'un point de vue laïc et populaire, le même jour, c'est à dire le vingt-neuvième jour du douzième mois tibétain, les Tibétains - après avoir nettoyé de fond en comble leur demeure prennent la « Soupe du 29e jour » appelée Gouthouk.
Cette soupe est composée de boulettes de farine de blé, de viande et de radis. Dans cette soupe, certaines boulettes seront farcies avec des symboles comme par exemple : un caillou blanc, de la laine ou du charbon, etc.. Quelle est la symbolique de ces ingrédients non comestibles ? Le caillou blanc reflète une pensée pure donc positive et à conserver pour la nouvelle année. La laine, un caractère lent et doux, mais tout ce qui est lenteur est à rejeter pour cette nouvelle année et la douceur est bien entendu à conserver. Le charbon signifie votre pensée est noire donc négative, il faut rejeter cette facette pour la nouvelle année.
Après la soupe, la maîtresse de maison passe auprès de chaque membre de la famille pour distribuer une boule de farine d'orge grillée (Tsampa). Cette boule de tsampa est frottée symboliquement par chacun sur l'ensemble de son corps afin que celle-ci prenne tous les éléments négatifs de la personne et chacun laisse son empreinte de la main sur la boule. Toutes les boules sont ramassées et réunies autour d'une effigie en tsampa à forme humaine dans un récipient. Cette effigie symbolise le mal et va effectuer un grand voyage en emportant ces boules de tsampa contenant les aspects négatifs de l'année passée et les restants de la soupe en guise de repas. Un jeune membre de la famille se charge de sortir et de déposer l'ensemble (effigie + boules + restants de nourriture) à l'extérieur de la demeure au croisement des chemins. Ainsi, les forces négatives accumulées au cours de l'année sont expédiées au loin. Les festivités de la période du Losar peuvent se diviser en deux parties : les festivités institutionnalisées et les festivités populaires.
Festivités populaires
A l'aube du jour de l'an, toute la population de Lhassa est réveillée par des conteurs, appelés Drékar, porteurs de bon augure. L'homme porte un masque blanc en feutre avec une barbe blanche et un bâton à la main. Il chante en disant « Je viens de l'est, du paradis de Dorjé Sempa »... et en même temps, il danse. Il est considéré auspicieux de l'avoir à la porte le matin même du jour de l'an et la tradition veut que la famille lui offre des gâteaux et un bon repas. Peut-on le comparer avec le Père Noël ?
Tôt le matin, tous les membres de la famille portent des habits neufs et se réunissent dans la pièce principale de la maison. La maîtresse de maison présente alors ses voeux à chaque membre de la famille en offrant le Tchémar et le Changphu tout en prononçant les voeux de « Tashi Délég Phunsourn Tsog », ce qui veut dire bonheur, santé et que toutes les bonnes choses soient réunies pour la nouvelle année. On sert du Changkhoel, (Chang chaud mélangé avec de la Tsampa et du fromage), du thé au beurre, des Khabsé (beignets tibétains) et du Drésil(riz sucré au yaourt et aux fruits).
Devant l'autel de chaque foyer tibétain sont dressés des éléments d'offrandes : un monticule de Khabsé (Derga), de fruits et de jeunes pousses d'orge, dans un pot, symbolisant une bonne récolte et la fertilité (Lophu) ; une tête de mouton en Tsampa ou en beurre symbolisant la chance et la fortune ; le Tchémar, mélange de Tsampa et de beurre présenté dans un récipient en bois sculpté et peint symbolisant une bonne récolte de produits céréaliers et pastoraux ; Changphu, premier cru de bière d'orge et de l'eau dans un récipient symbolise la lignée ininterrompue de la famille comme une source qui coule sans interruption. Briques de thé, morceaux de sel et autres produits céréaliers et pastoraux sont aussi présents.
La matinée est consacrée aux prières et l'après midi aux réjouissances : jouer aux dés tibétains (sho), écouter et chanter l'Épopée de Gésar de Ling, chanter, danser, jouer de la musique et boire du Chang, etc
A partir du deuxième jour, on va chez les uns et les autres pour échanger les voeux en présentant le Tchémar et le Changphu et en offrant les Khabsé.
Le matin du troisième jour est consacré à l'implantation des drapeaux de prières (Loungta) sur le toit de la maison et à la cérémonie de la fumigation en brûlant le genévrier. Ce rituel de fumigation et les prières sont adressés aux dieux protecteurs du foyer (Khyim lha), dieux du sol (Shi dag), dieux du pays (Yul Lha) et dieux du lieu de la naissance (Kyé Lha).
(Source: Tibet info)
12 octobre 2007
J'ai aimé.....
Un film bouleversant, une chanson qui prend aux tripes
bref un vrai coup de coeur cinématographique!
A voir de toute urgence si ce n'est pas déjà fait....
La bande annonce du film :
et le clip de la chanson "Lilly":
U-Turn - AaROn
08 octobre 2007
Lectures.....
J'ai toujours aimé lire et les livres sont mes compagnons de tous les jours depuis mon enfance.
Il faut dire que je suis d'une génération où la télévision était encore à ses balbutiements durant mes jeunes années, et qu'ensuite elle était inexistante pendant mon adolescence en Afrique.
Heureusement nous avions un Centre Culturel ou les rayons débordaient et je me souviens que nous y allions régulièrement pour approvisionner les lectures familiales. Chez moi tout le monde lisait et même parfois tard dans la nuit, surtout mon père qui, au frais sur la terrasse, ne voyait pas passer les heures et qui s'est retrouvé une fois "enfermé" dehors par ma mère, excédée et génée par la lumière qui filtrait au travers des rideaux, notre "case" n'ayant pas de volets! C'est un souvenir qui me fait sourire car il montre bien combien on peut être absorbé par sa lecture et ne plus faire attention au temps qui passe!
Durant mon séjour chez mes parents lors de la maladie de maman, j'ai passé tous mes aprés midi à lire, attendant qu'elle se réveille et qu'elle ait besoin de quelque chose. Je n'avais pas emporté de livres, sachant trés bien que je trouverais mon bonheur sur place, la bibliothèque familiale étant bien fournie...
Je ne vais pas vous parler de tous les polars dévorés en quelques heures mais quelques livres on retenu mon attention.
J'ai beaucoup aimé "Oscar et la Dame en rose" d'Eric-Emmanuel Schmitt, l'histoire d'un petit garçon de10 ans atteint de leucémie et qui pendant 12 jours écrit une lettre à Dieu, et pendant ces 12 jours il vieillit de 10 ans chaque jour! Il parle dans ses lettres de sa grande amie, la Dame en rose, visiteuse médicale qui vient le voir tous les jours, de la vie et de la souffrance, de la mort, de ses parents qui ne savent pas comprendre la mort de leur petit garçon.C'est une réflexion sur la vie, la maladie, les années qui passent et la difficulté de vieillir, c'est émouvant drôle et plein de sagesse! Je l'ai lu en un aprés midi et j'ai vraiment beaucoup aimé! Ce livre fait partie d'une trilogie, le suivant, "Mr Ibrahim et les fleurs du Coran" a été adapté en film que j'ai vu et qui m'a beaucoup plu, mais j'ai bien envie de lire le livre car j'ai beaucoup aimé le style de l'auteur!
Un autre a aussi retenu mon attention, c'est celui de Benoîte Groult, "La touche étoile". C'est un livre sur la vieillesse, mais avec un ton léger et grâve à la fois, un humour parfois décapant pour parler de ce qui blesse et de mélancolie pour parler de l'amour.
" Deux femmes - la mère et la fille, Alice et Marion - se disent leurs secrets, partagent leurs doutes. Elles sont femmes, épouses, amantes, actives, débordées, débordantes de cette passion qui anime. Sous le regard ému et fataliste de Moïra, déesse ès destinée, leurs routes se croisent et se séparent pour des voyages en terre d'amour ou de ténèbres, là où la connaissance de soi se brise pour mieux se reconstruire. Les mots sont bruts, les phrases expéditives mais les pages sont douces, d'une tendresse juste. 'La Touche étoile' est un roman auquel on ne peut résister. C'est un cri contre le temps, une déclaration d'amour à la vie qui vous brûle les sentiments. C'est aussi le récit courageux d'une femme qui vieillit dans son corps alors que les années glissent sur ses passions. Un traité sur la vérité de l'âge, doublé d'une histoire d'amour qui défie le temps, pour un roman qui, déjà, fait date."
J'ai beaucoup aimé et pour ceux qui ne connaissent pas cet auteur , le premier chapitre pour avoir un avant goût du style inimitable de Benoite Groult qui vous donnera peut-être envie de vous le procurer!
Moïra
n m'appelle Moïra. Vous croyez ne pas me connaître mais tout le monde vit plus ou moins avec moi sans le savoir et je tiendrai une place croissante dans la plupart de vos vies. Etre une Moire, c'est devenu un emploi passionnant d'ailleurs depuis que tant de gens, qui passèrent leurs vertes années à se croire éternels, perdent pied à mesure que se fane la fleur de l'âge et qu'apparaît, inexorable, le fruit de leur maturité.
C'est à ce stade qu'ils deviennent intéressants, les gens, et que mon pouvoir commence. Auparavant ils étaient si sûrs d'eux, si ignorants, si merveilleusement naïfs, que je n'arrivais pas à leur gâcher le plaisir de vivre, leur don d'insouciance et cette violence du désir et sa poignante douceur aussi, dont je ne connaîtrai jamais la saveur.
L'immortalité est une punition dont il faut bien se venger.
Or, grâce aux progrès de la science, je dispose désormais d'un immense vivier qui s'accroît sans cesse de nouveaux entrants. Ils voient bien les coups pleuvoir autour d'eux, de plus en plus drus, mais ils continuent d'avancer aveuglément, d'abord parce qu'on les pousse, mais aussi parce que c'est le propre de l'homme de mettre un pied devant l'autre.
Beaucoup sont intacts encore. D'autres feignent de l'être. Quant à ceux dont la mort avait été programmée mais qui ont pu faire appel, ils n'ont de cesse qu'ils aient reconstitué leur carapace. Et les rescapés ne sont pas les moins ardents à revivre, oubliant les retours de bâton qui viendront dans deux ans ou dans dix ou pas du tout ou autrement… de toute façon, c'est pareil : tu ne seras plus jamais invincible, petit bonhomme. Une fois que la mort a posé sa griffe sur toi, elle ne te lâchera plus. Au fond de toi, en silence, elle va s'installer comme un taret. Ta chair va entamer sa dégradation à pas imperceptibles.
Des organes que tu ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam vont t'imposer leurs caprices. Ta grâce va devenir un effort, ta beauté une conquête, ta démarche un tour de force, l'insouciance une discipline, ta santé une forteresse assiégée et l'inquiétude une compagne lancinante.
Pendant encore quelque temps tu pourras prétendre qu'il ne s'est rien passé. Persuadé de bénéficier de la complicité de tes semblables, tu vas aller parmi eux répétant avec le poète : Savez-vous que, quoique très jeune, autrefois j'étais plus jeune encore ? Qu'est-ce que cela signifie ? Il y a là sûrement quelque chose d'affreux 1.
Mais personne ne voudra t'écouter, encore moins compatir car vieillir est la plus solitaire des navigations. Tu n'es plus leur semblable justement. Il s'est passé quelque chose d'affreux effectivement : tu as franchi le portillon. Tu ne pourras plus que par inadvertance être considéré comme normal. Partout tu seras repéré comme nuisible, car du seul fait de ton existence, tu brises le mythe. Tu rappelles à chacun qu'il est mortel, ce qu'il importe d'éviter à tout prix. Tu t'apercevras bientôt qu'il faut te défendre de la vieillesse comme d'un péché que tu aurais commis. De toute façon, où que tu ailles désormais, tu portes une crécelle même si tu n'entends que celle des autres… Ta patrie, celle où tu es né et as vécu toute ta vie, celle où tu pensais mourir, t'a renié. Tu es devenu un étranger, en exil dans ton propre pays.
Il te reste à découvrir une des évidences de ton nouvel état : c'est que les vieux n'ont jamais été jeunes. Ça se saurait. Les poètes, eux, le savent car ils n'ont pas d'âge. C'est pourquoi ce sont les seuls humains qui émeuvent mon éternité.
Les enfants eux aussi le savent bien que les vieux viennent d'un autre monde. Ils savent bien que leur grand-mère n'a jamais été une jeune fille. Ils font semblant d'y croire pour ne pas faire de peine. Mais quand on ouvre pour eux ce livre d'images mortes qu'est un album de photos, c'est comme si on jouait du pipeau.
- Tu vois, c'est Mémé, là, qui joue au cerceau dans le jardin de la tante Jeanne, que tu n'as jamais connue.
Alors, elle est née morte, celle-là, pense l'enfant. Si je ne l'ai pas connue, c'est qu'elle n'a jamais existé.
- Et pourquoi elle le pousse pas avec sa canne, le cerceau ? demande-t-il.
- Mais Mémé n'avait pas de canne encore à dix ans, voyons !
Voire, pense l'enfant. Mémé est née Mémé, c'est évident. Même que sa propre fille l'appelle Mémé ! Et Pépé aussi qui lui dit chaque jour dès qu'il s'est assis à table : " Tiens, passe-moi donc mon Charbon de Belloc, Mémé, s'il te plaît. "
Qui se souvient ici-bas qu'elle s'appelle Germaine ou Marie-Louise ? Et qu'elle est toujours la petite fille d'autrefois qui flotte dans une peau distendue ? Et qu'est-ce d'ailleurs qu'un vieux monsieur sinon un galopin à moustaches qui voudrait toujours et encore jouer à touche-pipi ?
Moi, Moïra, moi, leur destinée, je ne me lasse pas d'admirer leur capacité d'enfance. Ce n'est pas méritoire d'être jeune quand on est jeune, on ne sait rien faire d'autre. Mais le tour de force que ça représente d'être jeune quand on ne l'est plus, ça me tire des larmes. Salut, les acrobates ! Car les enfants, malgré des fulgurances, ne sont que des enfants. Eux, les vieux, cumulent tous les âges de leur vie. Tous ceux qu'ils ont été cohabitent, sans compter ceux qu'ils auraient pu être et qui s'obstinent à venir empoisonner le présent avec leurs regrets ou leur amertume. Les vieux n'ont pas seulement soixante-dix ans, ils ont encore leurs dix ans et aussi leurs vingt ans et puis trente et puis cinquante et en prime les quatre-vingts piges qu'ils voient déjà poindre. Et tous ces personnages qui récriminent, qui vous font reproche et n'ont jamais eu la part assez belle, il faut savoir les faire taire.
C'est pour tous ceux-là qu'une Moïra existe. Quand les définitions se brouillent, que chacun peut se sentir miraculeusement jeune et désespérément vieux à la fois, quand tous les tickets sont valables à condition d'accepter qu'ils ne donnent plus droit aux programmes prévus. Quand les certitudes vacillent, que le bonheur apparaît parfois, comme un bandit au coin d'un bois et le malheur sous les pieds sans crier gare.
30 juin 2007
L'opéra
Un pur moment de délice envoyé par ma copine Cybercat,
je tenais à vous le faire partager...
Verdi - Traviata - Choeur Bohémiens
04 octobre 2006
Petit plaisir personnel....
Leonard Cohen - Suzanne
Adaptation française de Graeme Allwright :
- Suzanne t'emmène écouter les sirènes
- Elle te prend par la main pour passer une nuit sans fin
- Tu sais qu'elle est à moitié folle c'est pourquoi tu veux rester
- Sur un plateau d'argent elle te sert du thé au jasmin
- Et quand tu veux lui dire que tu n'as pas d'amour pour elle
- Elle te prend dans se ondes et laisse la mer répondre
- Que depuis toujour tu l'aimes
- Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
- De voyager les yeux fermés
- Une flamme brûle dans ton coeur.
- Il y avait un pêcheur venu sur la terre
- Qui a veillé très longtemps du haut d'une solitaire
- Et quand il a compris que seul les hommes perdus le voyaient
- Il a dit qu'on voguerait jusqu'à ce que les vagues nous libèrent
- Mais lui même fut brisé bien avant que le ciel s'ouvre
- Délaissé et presqu'un homme il a coulé sous votre sagesse
- Comme une pierre
- Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
- De voyager les yeux fermés
- Une flamme brûle dans ton coeur
- Suzanne t'emmène écouter les sirènes
- Elle te prend par la main pour passer une nuit sans fin
- Comme du miel le soleil coule sur Notre Dame des pleurs
- Elle te montre où chercher parmi les déchets et les fleurs
- Dans les algues il y a des rêves des enfants au petit matin
- Qui se penchent vers l'amour, ils se penchent comme ca toujours
- Et Suzanne tient le miroir
- Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
- De voyager les yeux fermés
- Une blessure étrange dans ton coeur.
Il a bien changé, sa voix est encore plus grâve.....mais il chante encore et je l'aime toujours autant que quand j'avais 18 ans.....
19 septembre 2006
Un petit rayon de soleil....
La semaine s'annonce morose, temps gris, vent....on se croirait presque en automne!
J'ai plein de choses à faire à la maison, beaucoup de rangements, de choses à classer, de repassage, bref tout ce que je n'ai pas pu faire à cause de mon mal au dos!
Je m'agite le matin, je fais le maximum...et l'aprés midi j'ai tellement mal que je m'allonge avec un bouquin et que je ne suis plus bonne à rien!
Je n'ai pas le temps d'aller sur le forum, je n'ai pas le temps de m'occuper beaucoup de mon blog...alors pour me faire pardonner , je vous met un petit rayon de soleil..... un petit goût d'Afrique avec sa musique et sa poésie.....
Bonne journée à vous.....














